L'HIRONDELLE INATTENDUE.JPG

Le Monde, Marie-Aude Roux

L’unique opéra du compositeur franco-polonais a été brillamment mis en scène à Montpellier. La metteur en scène Sandra Pocceschi a choisi avec pertinence d’envoyer son Hirondelle sur la Lune, elle qui fut écrite et composée sur fond de conquête spatiale et de guerre froide. Débarquée de notre planète déshéritée, le malheureux volatile finira par disparaître dans le cosmos, laissant au monde le souvenir troublant d’une mélodie.

 

 

Diapason Mag, Jean-François Lattarico

Très attendue, la production de l'Opéra de Montpellier n'appelle que des louanges. Sandra Pocceschi a imaginé un bref prologue montrant des images de la conquête spatiale avec, pour fond sonore, la chanson de l'hirondelle. Point de reconstitution réaliste : les animaux, grimés de noir, y apparaissent comme des rois, avec couronne et manteau de sacre. Une uniformisation voulue et justifiée rétrospectivement par le message de l'opéra : « Car il n'est plus question de bêtes ou d'humains. » Lorsque, une fois résolue l'énigme de l'hirondelle, ils quittent leurs attributs royaux, les voilà qui se fondent littéralement dans le fond noir du décor. L'effet est saisissant.

Une mise en scène tout aussi brillante, réfutant, là encore, l’illusion référentielle pour privilégier l’inquiétante étrangeté de la suggestion. De même que chez Laks les animaux n’étaient pas vus comme des bêtes, les objets de Colette et Ravel ne sont ici que des discours, portés par des chanteurs au jeu très subtil. Peut-on au fond représenter une chanson ou une théière ? Monteverdi se posait déjà la question à propos des vents, il y a quatre cent ans, Sandra Pocceschi, grande triomphatrice de la soirée, y répond de la plus poétique des manières.

 

 

Opéra Magazine, Franck Mallet

L’Opéra National de Montpellier a su tirer son épingle du jeu, grâce à deux éléments parfaitement maitrisés : une distribution homogène unifiant l’ensemble, et une mise en scène fine et imaginative, respectueuse du texte comme de la musique.

La dimension fantastique de l’Hirondelle inattendue n’a pas échappé à Sandra Pocceschi, qui, en février 2015, avait déjà signé, pour Opéra Junior, la belle production de l’Enfant et les Sortilèges reprise ici. Entre force obscure et beauté fulgurante, chanteurs solistes et chœur forment un ballet étrange, avec leurs visages noircis.

Le spectacle laisse de côté (enfin !) l’arsenal des objets animés personnalisés, aux costumes souvent ridicules. Du coup, les protagonistes, nimbés dans un espace monochrome gris, expulsent les « mauvaises » pensées de l’Enfant comme les brusques saillies d’un sommeil éveillé, entre cauchemar et solitude. 

Un diptyque à voir et à revoir – qu’on se le dise…

 

 

Concert Classic, Alain Cochard

Difficile de ne pas se laisser séduire, d’autant que Sandra Pocceschi conjugue une fois de plus poésie et économie de moyens.

Quant au retour de l’Enfant et les Sortilèges, la réussite est totale. Sandra Pocceschi est une magicienne de la scène ; avec trois bouts de ficelle, un drap de tulle et des lumières appropriées (bravo à Geoffroy Duval !) elle convoque tout un imaginaire. L’Enfant est le chef-d’œuvre que l’on sait, certes, mais on ne peut que rendre les armes devant le petit miracle de fluidité, de mobilité, d’émerveillement et de mystère de sa régie.

 

 

Resmusica, David Verdier

Coup double et belle découverte à l’Opéra de Montpellier. Une inattendue (et inentendue car il s’agissait de sa création scénique) Hirondelle signée Simon Laks accompagne un Enfant et les Sortilèges, habilement mis en scène par Sandra Pocceschi. Sandra Pocceschi officie à la mise en scène, conjuguant sobriété et efficacité, pour relier en une vision commune, deux approches de l’enfance musicale. Habilement présentés par des images d’archives racontant la conquête spatiale, les deux compères apparaissent dans des tenues d’astronautes au beau milieu d’un étrange aréopage de « rois » et « reines » aux visages uniformément recouvert de toile noire. L’erreur de pilotage est propice à la découverte de ce bestiaire posthume dissimulant la Colombe de l’Arche, l’Ours de Berne ou encore les Oies du Capitole… L’intronisation de la modeste Hirondelle du faubourg se heurte à l’attitude dédaigneuse des nobles animaux. L’onirisme décalé prendra une tournure funèbre quand ce beau monde envolé, un drap mortuaire retombe sur celui qui avait imaginé cette belle histoire. La mise en scène de Sandra Pocceschi prouve ses qualités, cette fois-ci avec un plateau de chanteurs professionnels. En choisissant de donner aux surtitres le rôle de commentaires sur le mode du jeu de langage psychologique, les décors de Giacomo Strada s’animent sous un jour nouveau, sollicitant l’imagination du spectateur au-delà de la simple illustration naturaliste. Le continuum se feuillette comme un grand album d’image, éclairé à la perfection par Geoffroy Duval.

 

Forum Opera, Maurice Salles

La mise en scène de Sandra Pocceschi, en collaboration avec Giacomo Strada qui invente les décors, part logiquement de la date de composition. Les lumières de Geoffroy Duval, par ailleurs responsable des vidéos, contribuent à la fois à créer des images dont la séduction est immédiate et à ménager des zones d’obscurité où les mouvements du chœur s’effectuent discrètement et souplement. Sandra Pocceschi et Giacomo Strada s’ingénient à trouver des solutions pour animer l’espace, du satellite espion qui poursuit vainement la deuxième hirondelle en passant par les ouvertures dans la forteresse d’où surgissent des personnages et l’échelle dans la fosse au moyen de laquelle l’Hirondelle se hisse à grand peine dans ce paradis. 

On revoit avec plaisir les solutions trouvées pour représenter les espaces différents, sans le moindre réalisme mais en harmonie avec le fantastique de la situation.

 

 

Concertonet, Gilles Charlassier

Sandra Pocceschi a choisi de restituer la partition dans le contexte de sa composition, en 1965, faisant de la destination d’outre-tombe un monolithe à la Kubrick – 2001, l’Odyssée de l’espace – qu’elle introduit avec force images d’archives reliant la géopolitique contemporaine de guerre froide et rivalité dans la conquête de l’espace aux ondes qui ont les premières porté l’intrigue sous forme théâtrale, par le biais desquelles s’échappe la mélodie de L’Hirondelle du faubourg, tel un délicat filet de mélancolie nostalgique. Appuyée par l’habile travail vidéographique de Geoffroy Duval, la scénographie, à laquelle a collaboré Giacomo Strada, soutient le séduisant balancement entre ritournelle populaire et écriture savante qui nourrit l’inspiration de Simon Laks, laquelle renoue avec une tradition qu’une certaine avant-garde d’après-guerre a brutalement stérilisée – et dans laquelle le compositeur ne se reconnaît pas – en même temps qu’elle témoigne d’une esthétique de collage qu’un Berio ne renierait pas: en somme une liberté affranchie des modes de la modernité.

A cet opéra-bouffe de trois quarts d’heure répond, en seconde partie de soirée, L’Enfant et les sortilèges que Sandra Pocceschi avait réglé en février dernier pour Opéra Junior, et qui complète ainsi un diptyque inattendu autant qu’équilibré.

 

Anaclase, François Cavaillès

A découvrir absolument ? … Oui, cent fois oui – à condition d’apprécier deux livrets qui se jouent des règles de l’opéra. 

Sous ce prétexte de rendre hommage à un air mauvais valseur, voire, au-delà, aux vieux chansonniers, la représentation a en définitive vraiment l’art (et le sien, bien original) de réjouir le public ! Son rythme endiablé, ses bons gros jeux de mots, tout en suivant une belle orchestration et une mise en scène crânement fantastique… Les décors astucieux, les costumes grotesques et fabuleux, ainsi que la musique hérissée, bringuebalante et généreuse, exercent d’abord le charme d’un vieux feuilleton d’aventures rocambolesques….L’histoire bascule dans le loufoque à la disparition de l’Hirondelle, recherchée également par la Voix du ciel portée par un merveilleux satellite de type Spoutnik : beau symbole, peut-être, de la créativité du trio de choc Sandra Pocceschi (mise en scène), Giacomo Strada (décors) et Cristina Nyffeler (costumes) que cet ovni, fol appareil réconfortant et ultime larron de la sarabande royale.

Avec un remarquable jeu d’éclairage signé Geoffroy Duval, l’équipe de Sandra Pocceschi produit un travail imposant, qui, souhaitons-le, appelle à d’autres grandes réussites artistiques originales.

 

 

Bachtrack, Sébastien Herbecq

Une vision sombre, intelligente et efficace de ce paradis qui évite à juste titre le kitsch et le premier degré.

L’ensemble de la proposition est également très esthétique complétée par de belles lumières et une juste direction d’acteur. Ici aussi l’univers présenté est sombre. Le combat de l’enfant face à toutes ces personnes n’apparaît que plus saisissant.

 

Webthéatre, Caroline Alexander

Le pari de Valérie Chevalier, faire découvrir des œuvres et des talents, atteint pleinement son but. 

 

 

ID Hérault TV

Adroitement avec un sens aigu de l’effet de qualité, Sandra Pocceschi nous prépare à sa « grand’ messe ». Les cosmonautes, le journaliste et son pilote, sont sur l’écran, et, subitement, l’écran disparaît, et… ils sont là, devant nous, en chair et en scaphandre. Le passage du 7ème art à la scène, superbe trouvaille ! On continue avec un décor où le « 2001 » de Kubrick a laissé son empreinte. Mais la mise en scène n’éclipse pas l’œuvre, elle la soutient. Cinématographiques, visuels et consensuels, le décor, le jeu des personnages, sont parfaits. De ces animaux célèbres, « Rois Mages » nés du dessin animé, aux corps fondus au noir, couronnés et vêtus de pourpre et d’hermine, aux cosmonautes d’ « On a marché sur la lune », l’imaginaire est à la fête. Et ce ne sont pas les structures monolithiques au centre de la scène, enfantées par « 2001 » qui prouveront le contraire. Quant au manège subtil des Grands Animaux, se débarrassant, dans un ballet presque immobile, de leur manteau royal et de leur couronne, pour finir, noir sur noir, disparaissant dans les profondeurs du plateau, c’est réellement innovant.

Inutile de redire tout le bien que nous pensons des mises en scène de Sandra Pocceschi, « L’Enfant », dès l’ouverture, nous gâte. Après avoir supprimé les costumes « kitsch » des tasses, théières, écureuils…pour choisir des vêtements uniformément gris, avoir humanisé les choses et les animaux familiers pour n’en garder que le « discours », c’est un pas décisif vers une universalisation du thème. 

 

 

Midi Libre, Michèle Fizaine

La mise en scène donne à chaque tableau son atmosphère propre, avec une ironie toujours juste. On ouvre de grands yeux devant les meublés déchainés, les bêtes d’un jardin plein de mystère, de cris et de murmures.

Là encore, la mise en scène est très inventive dans sa simplicité.

 

 

L’Hérault du jour, Alain Breton

La qualité de la mise en scène devrait permettre à cette œuvre de gagner ses galons de belle pièce opératique. La mise en scène de Sandra Pocceschi qui réalisera également l’Enfant et les Sortilèges est claire et permet de comprendre l’histoire sans difficulté.

Là encore la mise en scène et la qualité des maquillages nous permet de ne pas seulement être spectateur mais participant au spectacle. Les décors et l’apparition de la chambre et de ses personnages maquillés en gris-beige est une heureuse surprise.

 

 

MPT-Info, A.K.

Ces opéras ont été merveilleusement mis en scène et interprétés par tous les jeunes et parfois très jeunes chanteurs.